Entre de nombreuses cérémonies officielles de voeux qui sont toute à la fois des occasions importantes pour la diffusion des messages politiques aux confins de la politique locale et d'une grande convivialité, j'ai pris le temps ce week-end de lire de nombreux articles parus dans la presse et aussi d'écouter quelques émissions à l'occasion de la commémoration du 10ème anniversaire de la mort de François Mitterrand. On peut gloser à l'infini sur la dichotomie entre l'homme et l'homme d'Etat, entre la fonction et les nécessaires arrengements avec l'histoire et ses idéaux par opposition au rêve, à cet homme qui fut le chantre de la "gauche imaginaire". Dans cette déferlante hagiographique le plus souvent, les souvenirs des deux septennats reviennent en mémoire et en même temps qu'eux, les associations d'idées, les ressentis que j'éprouvais alors que j'étais Maire de Saint Gratien dès 1983 tout au long de la période considérée.
Je me souviens donc des mouvements populaires de rejet massif tel que celui suscité par l'attaque de l'école libre, ou des lendemains qui déchantent sur l'air du retour en arrière à marche forcée que fut l'été 1984 signant l'entrée dans l'austérité. Après trois ans de choix économiques dictés par l'idéologie à l'orgine des gouffres abyssaux que nous payons encore, il faut aussi de souvenir de cette part là de l'histoire.... mais on ne m'a pas demandé mon avis. Alors, je considère à la fois la portée singulière du destin de François MITTERRAND faite de détermination et la dimension romanesque du personnage, que l'on aime ou que l'on déteste, sinon attachante, du moins qui retient l'attention.
Je retiens en fait que cet engouement pour cette histoire certes récente mais qui traduit déjà la France du passé, parle "d'avant" et contribue à nous faire croire que c'était forcément mieux, à force de sondages qui sous des apparences de certitudes scientifiques, enterrinent l'idée du "nostalgisme". Ce qui frappe, à l'aune de cette année nouvelle qui doit plus que jamais mobiliser toutes nos énergies pour en faire "une année utile", c'est la lecture psychanalytique que l'on peut en faire.
Je note qu'il est plus facile de regarder collectivement notre passé que d'entreprendre l'exercice consistant à faire évoluer la prise de conscience en volonté d'action. Cette grande cérémonie médiatique du souvenir "Mitterand", sans revenir sur sa légitimité, traduit une certaine peur : celle du futur qui a besoin d'être inventé.
Après la "crise de sens", je ne voudrais pas que cette "crise de nostalgie" nous éloigne de la raison qui seule nous conduira à puiser dans nos atouts, nos valeurs et notre créativité afin d'entreprendre ce travail de réforme, commencé depuis 2002, mais qui doit s'accélérer encore pour estomper les errements du passé.
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