Lundi 9 janvier 2006

Entre de nombreuses cérémonies officielles de voeux qui sont toute à la fois des occasions importantes pour la diffusion des messages politiques aux confins de la politique locale et d'une grande convivialité, j'ai pris le temps ce week-end de lire de nombreux articles parus dans la presse et aussi d'écouter quelques émissions à l'occasion de la commémoration du 10ème anniversaire de la mort de François Mitterrand. On peut gloser à l'infini sur la dichotomie entre l'homme et l'homme d'Etat, entre la fonction et les nécessaires arrengements avec l'histoire et ses idéaux par opposition au rêve, à cet homme qui fut le chantre de la "gauche imaginaire". Dans cette déferlante hagiographique le plus souvent, les souvenirs des deux septennats reviennent en mémoire et en même temps qu'eux, les associations d'idées, les ressentis que j'éprouvais alors que j'étais Maire de Saint Gratien dès 1983 tout au long de la période considérée.

Je me souviens donc des mouvements populaires de rejet massif  tel que celui suscité par l'attaque de l'école libre, ou des lendemains qui déchantent sur l'air du retour en arrière à marche forcée que fut l'été 1984 signant l'entrée dans l'austérité. Après trois ans de choix économiques dictés par l'idéologie à l'orgine des gouffres abyssaux que nous payons encore, il faut aussi de souvenir de cette part là de l'histoire.... mais on ne m'a pas demandé mon avis. Alors, je considère à la fois la portée singulière du destin de François MITTERRAND faite de détermination et la dimension romanesque du personnage, que l'on aime ou que l'on déteste,  sinon attachante, du moins qui retient l'attention.

Je retiens en fait que cet engouement pour cette histoire certes récente mais qui traduit déjà la France du passé, parle "d'avant" et contribue à nous faire croire que c'était forcément mieux, à force de sondages qui sous des apparences de certitudes scientifiques, enterrinent l'idée du "nostalgisme". Ce qui frappe, à l'aune de cette année nouvelle qui doit plus que jamais mobiliser toutes nos énergies pour en faire "une année utile", c'est la lecture psychanalytique que l'on peut en faire.

Je note qu'il est plus facile de regarder collectivement notre passé que d'entreprendre l'exercice consistant à faire évoluer la prise de conscience en volonté d'action. Cette grande cérémonie médiatique du souvenir "Mitterand", sans revenir sur sa légitimité, traduit une certaine peur : celle du futur qui a besoin d'être inventé.

Après la "crise de sens", je ne voudrais pas que cette "crise de nostalgie" nous éloigne de la raison qui seule nous conduira à puiser dans nos atouts, nos valeurs et notre créativité afin d'entreprendre ce travail de réforme, commencé depuis 2002, mais qui doit s'accélérer encore pour estomper les errements du passé.

par François SCELLIER publié dans : Articles
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Commentaires

Mais qui était au gouvernement entre 1993 et 1997?
c'est sur que personne ne sera jamais nostalgique de Chirac, ni de vous à la tête du Conseil général.
commentaire n° : 1 posté par : John le: 09/01/2006 21:29:09

Monsieur le Président,


Vous parlez de nostalgisme , même si je suis d'accord avec vous sur l'interprétation psychanalitique de la peur de l'avenir, permettez moi de vous poser la question suivante : Auriez vous parlé de nostalgisme et de peur de l'avenir si l'on avait commémoré l'anniversaire de la mort de De Gaulle qui a, par ailleurs, tout mon respect ?


 

commentaire n° : 2 posté par : Martine (site web) le: 10/01/2006 06:11:51

Vous avez raison ; je ne parlerai pas de « nostalgisme » pour évoquer la mémoire du Général de GAULLE. Pour ce faire, je parlerai de l’Appel du 18 juin, de la sécurité sociale et des avancées sociétales de la Libération, de la Ve République et de l’entrée de la France dans la modernité, de la décolonisation, de l’affirmation du rang de la France et de la force de dissuasion nucléaire…Il s’agit d’un bilan historique mis en perspective face auquel on peut prendre le recul analytique nécessaire. Par opposition à ce bilan, il y a les « années Mitterrand ». J’y vois un ensemble de souvenirs liés à une personnalité hors du commun mis en scène pour construire une image, celle d’un personnage de roman ; de plus, la grande majorité d’entre nous ont vécu dans leur enfance, leur jeunesse ou leur maturité ces années-là qui nous renvoient donc à notre propre vécu, à nos affects. Cette difficile distanciation ne permet pas la véritable analyse mais nous rattache au socle des mémoires individuelles. Voilà pourquoi je parle de « nostalgisme » dans ce cas précis car la vision pour le moins contrastée et controversée que l’on garde des deux septennats de François Mitterrand ne permet pas de dégager ce sentiment unanime lié à l’épopée gaullienne donnant à voir une idée de la France mais renvoie bel et bien à un phénomène générationnel dont au fond rien de très concret ne ressort

 


commentaire n° : 3 posté par : François SCELLIER le: 10/01/2006 10:12:03
Mais peut-on parler d'un bon bilan des années De Gaulle?

Une mauvais Constitution qu'il a lui même bafoué...
Aucune véritable avancée sociale....
Un sens démocratique contestable....

et au final un abandon de son poste

personne en France est nostalgique de De Gaulle dont on paye aujourd'hui des erreurs encore plus importantes que Mitterrand.

Vive Giscard!
commentaire n° : 4 posté par : Paul le: 10/01/2006 13:01:54

On ne devrait pas être surpris par cette mitterandolâtrie tapageuse car elle constitue la première phase de la procédure de la "canonisation". En effet, d'après le décret du 8/2/1795 de la CONVENTION les honneurs du PANTHEON ne peuvent être accordés à un citoyen que 10 ans après sa mort.  On peut donc s'attendre dans les mois à venir à ce que AIRPARIF nous alerte d'une grave pollution par encensement et néomazarinades littéraires.


Au fait fallait-il qu'il l'admirât ce curieux homme d'état (devenu cardinal sans jamais avoir été prêtre, amant secret d'Anne d'Autriche, devenu immensément riche à la fin de sa vie...) pour choisir son patronyme comme prénom de sa fille cachée!


 

commentaire n° : 5 posté par : Jean Claude DUMAS le: 14/01/2006 17:15:28

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commentaire n° : 6 posté par : Shawnchg (site web) le: 25/03/2006 15:34:37

Agenda

Réunion publique départementale de soutien à Nicolas SARKOZY animée par Valérie PECRESSE, Député des Yvelines, Porte-parole de l'UMP

Mardi 24 avril 2007 à 20h

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