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Le recours par le Gouvernement à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le projet de loi pour l’égalité des chances suscite de nombreux commentaires et je comprends bien la vivacité du débat ; il n’est jamais anodin dans une démocratie de priver la représentation nationale de ses prérogatives.
Mais une décision politique, comme celle que vient de prendre le Premier ministre, doit toujours pour être discutée, être replacée dans son contexte. Or, il se trouve que le travail parlementaire a été obstrué par l’opposition qui a utilisé tous les rouages d’une procédure complexe pour s’opposer systématiquement, sans volonté de discuter du bien-fondé ou non des mesures proposées. Or, cet abus de procédure est caractéristique d’un véritable déni de démocratie fondé sur une démarche purement politicienne. Le problème de fond est que lorsqu’une classe d’âge connaît un taux de chômage de 23%, soit deux fois et demi plus élevé que la moyenne nationale, il est urgent d’agir et de rechercher tous les moyens pour y pallier.
Le seul constat irréfutable est malheureusement celui de l’échec continu depuis plus de vingt ans de toutes les politiques publiques pour résoudre le chômage des jeunes. Alors sortons de la polémique stérile et tentons une mesure originale en nous donnant le temps de l’observation pour savoir si le Contrat Première Embauche (CPE) est efficace.
Les Français nous l’ont demandé de différentes manières : il faut des résultats ; cette exigence tellement prégnante invite l’ensemble des responsables politiques à agir pour « faire bouger les choses» dans ce domaine comme dans d’autres.
Alors, lorsque l’opposition à l’Assemblée nationale, après que l’amendement à l’article 3 proposant le CPE eut été voté dans la nuit, a continué l’obstruction parlementaire, en utilisant des moyens certes légaux mais politiquement irresponsables, en reconnaissant par ailleurs (propos du député communiste Maxime GREMETZ) mettre en échec l’ensemble du train de mesures proposé dans le projet de loi « égalité des chances », il est, dans de telles conditions, du devoir de la majorité et du gouvernement de faire preuve de volontarisme politique pour répondre à l’urgence d’une situation qui commande des mesures efficaces.
Le déni de démocratie n’est donc sûrement pas là où l’on croit et il aurait été sûrement plus utile que l’opposition de ce pays fasse des propositions nouvelles dans le cadre d’une véritable discussion. On peut même dire qu’elle aurait pu, lorsqu’elle était dans la majorité, prendre les mesures utiles pour nous faire sortir de l’immobilisme !
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