Mercredi 26 juillet 2006

 

 

Comme vous le constatez, l’actualité parlementaire est largement dominée depuis quelques semaines par la proposition de fusion entre GDF et Suez. L’importance du sujet a même contraint le Gouvernement à convoquer le Parlement en session extraordinaire dès le début du mois de septembre et c’est en ce moment que le débat se prépare.

 

A cet égard, il m’a semblé important de partager avec vous quelques brèves réflexions sur ce projet qui concerne la stratégie énergétique de la France pour les années à venir, cequi n’est pas tout à fait mince, vous en conviendrez.

Je tiens tout d’abord à bien resituer le débat au bon niveau de compréhension. En effet, la presse a souvent évoqué la « fronde » des députés UMP justifiée selon les médias par la crainte des répercussions de l’opération sur les échéances électorales de 2007. Je tiens à dire que c’est une vision totalement erronée de la situation car ce que les députés attendaient au mois de juin, comme d’ailleurs tous nos concitoyens, ce sont les précisions sur les modalités de cette fusion ainsi que sur ses conséquences afin de bien poser le problème pour y apporter la meilleure réponse.

 

Plus personne aujourd’hui ne conteste que la fourniture d’énergie devient une problématique récurrente, s’inscrivant dans la durée, et dont certains Etats n’hésitent pas à en faire une arme de politique internationale. Personne également ne conteste les appétits du groupe italien ENEL sur Suez. Pourtant, c’est bien notre devoir de représentants de la Nation que de nous assurer qu’une fusion entre GDF et bénéfique non seulement pour les deux entreprises précitées mais également pour la France et les Français, finalité de notre action.

Dans ce cadre et pour trouver la formule la plus adaptée, certaines autres pistes ont été proposées notamment le rapprochement entre EDF et GDF. Toutefois, celle-ci est vouée à l’échec en raison des conditions drastiques qui seront posées par la Commission européenne et qui conduiront inévitablement à une séparation de nombreuses activités pour sauvegarder la concurrence. Concernant ensuite GDF et Suez, les idées de participations croisées ou de fusion partielle ont été présentées mais ces dernières n’offrent pas une perspective industrielle claire et sont plutôt des demi-mesures. La réflexion continue donc…

A mon avis, l’une des voies les plus intéressantes serait d’encourager la fusion avec les 34% détenus par l’Etat (plus l’action spécifique ou golden share) mais accompagnée par la formation d’un noyau stable d’actionnaires (salariés, Caisse des dépôts et consignations) approchant les 45% et qui en pratique éviterait tout risque d’OPA sur le futur ensemble.

Quoi qu’il en soit, la seule question qui compte et il n’y en a pas d’autre, c’est celle des tarifs de gaz proposés par le futur groupe. En effet, une directive européenne libéralise le marché des particuliers à partir de 2007 et avec un prix du gaz indexé sur celui du pétrole, le risque de flambée des prix est énorme. Cela veut donc dire que quelque soit la voie choisie par le Parlement, elle devra avoir un seul objectif : garantir les prix les plus bas à nos concitoyens.

 

 

 

 

 

par François SCELLIER publié dans : Articles
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